LE KYSTE PILONIDAL

LE KYSTE PILONIDAL EN 5 QUESTIONS

Par le Docteur Patrick JULIENNE, Clinique Turin, Paris 8ème

QU’EST CE QU’UN KYSTE PILONIDAL ?

Lors de la formation  embryonnaire, au bas de la colonne vertébrale, au niveau du sillon inter fessier, de la peau s’est refermée sur elle-même, créant  une poche ou  sinus pilonidal ou kyste pilonidal  ou kyste sacro-coccygien.

Le kyste situé sous la peau contient des poils avec leurs  annexes pilosébacés qui secrètent du sébum.

Ce sébum peut sortir  à travers la peau par un petit trou d’environ 1 millimètre de diamètre qui signe la présence du kyste sous-jacent et permet l’extériorisation des secrétions.

Le kyste peut également se rompre et se fistuliser vers la profondeur entrainant inflammation et infection.

EST-CE QUE C’EST GRAVE ?

Disons le tout de suite, c’est une pathologie :

  • Fréquente (20000 patients opérés en France chaque année)
  • Bénigne (Il n’y a jamais de cancer sur les pièces d’ablation de kystes pilonidaux opérés).

La gravité relative est liée à l’infection possible quand l’évacuation des secrétions du kyste par un orifice cutané ne se fait pas (ou plus si l’orifice se bouche). 
Il peut alors se produire un abcès voire une extériorisation spontanée du pus à quelques centimètres  de l’orifice du kyste traduisant une fistule à distance.

COMMENT LE RECONNAITRE

A partir de l’adolescence, le plus souvent chez le garçon (3 fois sur4). En aucun cas, il ne s’agit d’un manque d’hygiène (question souvent posée).

Avant toute complication, il se traduit par  une gêne, des douleurs, un gonflement intermittent au niveau du sillon inter fessier voire l’extériorisation par l’orifice de secrétions ou de poils.

L’examen du sillon inter fessier retrouve strictement sur la ligne médiane l’orifice ou pertuis du kyste qui signe le diagnostic.

Au moment de l’infection, il s’agira d’un abcès, c'est-à-dire d’une tuméfaction rouge, chaude, douloureuse avec parfois de la fièvre survenue en 2, 3 jours qui va imposer une prise en charge chirurgicale en urgence.

Si  l’évolution infectieuse a été plus lente, l’infection peut s’extérioriser à la peau par un orifice à distance traduisant une fistule.

Ces trois temps de l’évolution du kyste sont des indications opératoires.  Idéalement, au stade de l’orifice simple sans manifestation infectieuse

EN QUOI CONSISTE LE TRAITEMENT CHIRURGICAL ?

C’est une chirurgie courte (une vingtaine de minutes), sous anesthésie générale et sous couverture antibiotiques à visée anti-staphylococcique.

Elle va enlever en totalité le kyste en passant à distance du kyste en tissu sain.

Pour se faire, un marquage au bleu de méthylène injecté par l’orifice du kyste va le tatouer entièrement en bleu et permettre l’exérèse chirurgicale sans laisser de la paroi du kyste qui pourrait être à l’origine de récidives.  Le passage en profondeur va toujours jusqu’à l’aponévrose qui recouvre le sacrum. 

S‘ il existe une fistule, elle est marquée par le bleu qui a diffusé dans le kyste et est enlevée en même temps. L’intervention se termine par un méchage avec une mèche préférentiellement composé de fibres d’alginate de calcium pur.

Dans le cas d’un volumineux abcès, il peut être préférable dans un premier temps d’inciser simplement l’abcès pour ne pas faire d’exérèse trop importante et de pratiquer l’ablation du kyste 10 jours plus tard.

QUELLE GENE, CONTRAINTES ET TRAITEMENTS POSTOPERATOIRES ?

L’intervention selon la taille du kyste et l’état physiologique du patient sera  faite en ambulatoire ou durant une hospitalisation de 24 heures.

Une antibiothérapie de quelques jours si le kyste a été opéré au stade d’abcès.

Des antalgiques à la demande selon la gêne douloureuse.

On  peut remarquer que la plupart des patients n’en utilisent pas ou peu car la douleur est peu importante voire absente après exérèse du kyste.

Un arrêt de travail de quelques jours à 3 ou 4 semaines selon la largeur de l’exérèse et la profession exercée.

Un méchage quotidien après nettoyage de la plaie au sérum physiologique fait par une infirmière près de son domicile ou de son lieu de travail.

La douche peut être prise si l’infirmière refait le pansement juste après ou mieux en utilisant des films collants étanches  que l’on colle au dessus du pansement le temps de la toilette.

La cicatrisation complète avec épidermisation demande en moyenne 2 mois mais l’inconfort de vie se limite en règle aux 3 premières semaines.

Aucune séquelle esthétique car la cicatrice est souvent peu large malgré l’étendue de la résection et située dans le sillon inter fessier.

Pas de récidive si l’exérèse a été totale, ce qui est noté sur l’examen anatomopathologique de la pièce qui a été examinée et si  le méchage a toujours été fait jusqu’au fond de la plaie.

EN CONCLUSION

Le kyste pilonidal est une affection fréquente, bénigne dont le traitement doit être fait idéalement au stade peu symptomatique du début avec un simple petit orifice dans le sillon inter fessier qui en signe la présence.

L’exérèse peu large permet une cicatrisation rapide et un inconfort postopératoire  discret et court.

Docteur Patrick JULIENNE
Clinique de TURIN  PARIS 8ème


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